Politique

Les 10 trucs et astuces de communication de Manuel Valls

Manuel Valls a un gros avantage, il est transparent et tout se voit pour un œil curieux. L’homme est lisible. L’homme est prévisible. L’homme ne parvient pas à être ce qu’il n’est pas. Quelle stratégie de communication met-il en œuvre pour obtenir ce résultat ? Quels sont ses trucs et astuces pour bâtir sa posture ?

Manuel Valls a un gros avantage, il est transparent et tout se voit pour un œil curieux. L’homme est lisible. L’homme est prévisible. L’homme ne parvient pas à être ce qu’il n’est pas. Quelle stratégie de communication met-il en œuvre pour obtenir ce résultat ? Quels sont ses trucs et astuces pour bâtir sa posture ?

Il y en a 10.

Vous pouvez les utiliser si vous souhaitez communiquer comme l’ancien Premier Ministre élevé au rang de  « Playmobil de la communication ».

1)   Menez la farandole des slogans. Elle doit être endiablée et enfiler les perles avec beaucoup d’assertivité. Il en existe des centaines, peut-être des milliers. Voici quelques échantillons qui pourront vous aider : « Je respecte ceux qui croient comme ceux qui ne croient pas » ; « Face à une forme d’impuissance il faut avancer » ; « Nous prendrons toutes nos responsabilités » ; « Ce qui doit être fait doit être fait, et ce qui doit rester secret doit rester secret » ; « Pour relancer le couple franco-allemand, il faut avoir des débats sereins et francs »… Une question : qui peut être contre ces assertions ?

2)   Dramatiser les enjeux. Le Général De Gaulle avait déjà appliqué la méthode du « après moi le chaos ». Il y a la variante « déluge » et « chienlit ». Valls le dit ainsi en parlant de son concurrent aux Primaires : « Le choix entre la défaite assurée et la victoire possible ». Il le décline autrement sur le mode, si je perds il ne restera plus rien et la gauche sera dévastée. Ainsi, il génère, d’après les observateurs et les analyses de tous bords, de l’anxiété, de l’inquiétude et de la peur. Son arme fatale : la langue de plomb. Elle pèse un peu !

3)   Mangez votre chapeau au risque de l’indigestion. La recette est finalement assez simple. Dites : « Il y a des positions irréconciliables à gauche et il faut l’assumer» (février 2016) et mimez, par la suite, la posture (qui est souvent une imposture) du rassembleur. Dites : « Il faut aller vers le revenu universel parce que les moins de 25 ans n’ont pas accès aux minimum sociaux » (octobre 2016) et discréditez votre adversaire car il ose dire la même chose. Nous sommes parfois injustes avec les reniements surtout s’ils sont formulés la main sur le cœur. Enfin, utilisez six fois le 49.3 contre votre camp et affirmez, la deuxième main sur le cœur : « On m’a imposé le 49.3 ». Comme dit l’autre, le courage a tout de même des limites.

4)   Soyez péremptoire et jouez à fond la carte de l’autorité. Faute de leadership, compensez avec une bonne dose d’autoritarisme. Ça va plus vite, il y a moins de discussions, il suffit d’imposer vos idées et vos projets avec un ton définitif et quelques mouvements de menton. Pourquoi ? Parce que ce sont les vôtres. Et puis sur un malentendu et deux faux témoignages, ça peut passer. N’hésitez surtout pas à ajouter quelques slogans (cf. point 1) ça ne mange pas de pain : « Je reste marqué par mon propre discours » (narcissique) ; « Je suis le candidat qui représente l’autorité » (audacieux) ; « Je suis courageux » (présomptueux) ; « J’ai l’expérience pour faire face aux grands défis » (à répéter deux fois au cas où ça ne se verrait pas au premier coup d’œil) et puis un classique du Made in Sarkoland, « Moi aussi, j’ai changé, j’ai évolué » (là aussi à répéter 3 fois pour les myopes, les malentendants et les distraits). Selon nos informations, le changement a dû se passer dans la nuit du 4 au 5 décembre. A vérifier.

5)   Suscitez l’agressivité, il en restera toujours quelque chose. Un principe simple et tautologique : l’on provoque toujours ce que l’on suscite. La déclinaison peut être culinaire, avec une « enfarinade ». Elle peut-être épidermique avec une « giflette » et un effet rebond : « la claque, on est 66 millions à vouloir te la mettre » (France Inter – 18 janvier). En tous cas, gardez votre sang froid quel que soit la situation. Restez digne. Droit dans vos mocassins. Et dites-vous comme le poète René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront ».  Manuel, faites tout de même gaffe à l’entartrage !

6)   Changez régulièrement pour brouiller les pistes et créer la confusion. Par exemple, démarrer en affichant sur votre pupitre « Faire gagner tout ce qui nous rassemble » puis, après avoir biffé les mentions inutiles, recouvrez la formule précédente d’un nouveau sticker « La République forte, la France juste ». Et demandez aux gens de la com’ d’expliquer que rien n’est définitif et que d’autres stickers sont en stocks.

7)   Souriez, souriez et souriez encore. Voilà une bonne façon d’évacuer les tensions, les crispations mais pas les rictus. Je me souviens de ce texte terrible de Philipe Muray. Le philosophe avait analysé le sourire de Ségolène Royal : « C’est évidemment le contraire d’un rire. Ce sourire-là n’a jamais ri et ne rira jamais, il n’est pas là pour ça. Ce n’est pas le sourire de la joie, c’est celui qui se lève après la fin du deuil de tout. Les thanatopracteurs l’imitent très bien quand ils font la toilette d’un cher disparu. » Bon d’accord, l’affaire n’est pas si grave mais chacun devrait être néanmoins vigilant.

8)   Mécanisez votre élocution. Il s’agit en clair de suivre le précieux conseil de Louis Jouvet : « Un acteur, c’est d’abord une mécanique ». Nous y sommes. Comment faire ? En multipliant les effets de manche et en mettant le turbo sur la grandiloquence. En finissant  toujours vos phrases avec la voix en l’air, ça donne un air martial. En gardant cette même voix au fond de votre gorge. En restant en permanence sur vos gardes, un mauvais coup est si vite arrivé. En serrant le plus fort possible vos mâchoires. Les carnassiers reconnaîtront les leurs. Allez-y à fond, rien de mieux pour scandez votre discours.

9)   Entourez-vous des meilleurs. Et pour les communicants de profession le meilleur d’entre nous est Stéphane Fouks (Havas Worldwide), après, bien évidemment, la meilleure d’entre nous, Anne Méaux baptisée la Fée Communication. Le meilleur donc a déjà épinglé à son tableau de chasse DSK, Cahuzac, Jospin ou Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire). Pour résumer, que des « winners » à qui il a prodigué ses conseils. Une stratégie de communication imparable en acier trempé. Un sans-faute. Question ? Fouks parviendra-t-il aussi à faire perdre Valls ? Le mot de la fin, forcément subjectif, à  Benoît Hamon : « Il lui faut [parlant de Valls] un peu moins de Havas et un peu plus de politique ». C’est lui qui le dit.

10) Videz les salles pour remplir…je ne sais quoi ! Bon d’accord, face à un Mélenchon ou un Macron vous ne valez pas tripette. Vous annulez des meeting mais vous en conservez tout de même quelques-uns. Ils sont parfois 200 voire même 300 à boire vos paroles. En fait, la stratégie tactique est finaude : jouer la qualité plus que la quantité. Et elle est appliquée à la lettre. Et puis laissez parler les mauvais coucheurs, vous s’avez une chose : vous êtes-vous, et fier de l’être et ça… jamais personne ne vous l’enlèvera, et comme vous dites avec à-propos : « J’ai l’expérience pour être Président de la République, j’ai l’énergie, j’ai l’envie » !

Aux urnes citoyens !

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