Entreprise

Dirigeants, ne faites pas comme « Baby Boss » !

C’est un bébé corporate paré d’un costume sombre, d’une cravate noire et d’un attaché-case. « Baby Boss » est la dernière création des studios Dreamworks. Dans ce film d’animation, le personnage principal, affublé d’une voix de quinquagénaire, est chargé d’une mission ultra-secrète. Il s’agira pour nous de suivre les aventures de ce petit héros, né adulte, pour identifier 5 faiblesses qui seront autant de mises en garde pour les patrons d’aujourd’hui.

1)   « Baby Boss » débarque un beau jour, dans les bras de ses parents, dans une maison où réside déjà Tim, 7 ans. L’accueil est glacial. L’animosité immédiate. La rivalité évidente.

Dirigeant : l’arrivée d’un nouveau patron dans une entreprise est toujours un moment délicat. L’écosystème managérial se recompose. Chacun doit fonder une relation avec le nouvel entrant. Lui-même doit donner du sens à ses nouvelles responsabilités pour, par la suite, le partager avec ses équipes. Imposer tout de suite sa marque ou consacrer du temps à l’écoute des parties-prenantes ? L’un et l’autre. Ecouter, c’est communiquer. Certains de nos dirigeants l’ont oublié. Construire dès sa prise de fonction une relation avec le management et les collaborateurs permet d’instaurer un climat de confiance sans lequel peu de choses sont possibles. Conforter « ce chantier relationnel » nécessitera une attention de tous les instants. La performance est à ce prix !

2)   « Baby boss » est au centre des attentions. Il en profite et décide d’imposer sa loi dans la maison. Il n’est pas partageur. Il veut tout, et tout de suite. Ses parents acquiescent et cèdent au charme du nouveau venu.

Dirigeant : les phénomènes de cour sont un héritage de l’ancien régime. Autour du Roi règne alors la flagornerie, l’obséquiosité et l’hypocrisie. Pour le monarque corporate d’aujourd’hui, il en est souvent de même. Dupes ou pas, ils sont rares à combattre cette loi d’airain de l’organisation. Entourer le président, « l’envelopper » même, ne jamais lui dire « non », anticiper ses désirs, lui mentir pour ne pas lui déplaire, être laudateur, pour certains, c’est la garantie d’une survie sociale, d’un peu de reconnaissance parfois d’une promotion. Le patron refusant ce type de relation devra faire preuve de force de caractère. Les plus téméraires mais aussi les plus charismatique pourront faire part de leurs hésitations, pourquoi pas de leurs fragilités, de leurs doutes en sortant de leurs certitudes pour instaurer un véritable dialogue, on pourrait parler de « négociation », avec leurs contradicteurs. Echanger pour avancer. La vraie vie, quoi ! Voilà une attitude disruptive. Révolutionnaire peut-être. Une piste pour la communication de demain.

3)   « Baby boss » veut occuper le bureau d’angle chez Baby Corp. Sans rentrer dans le détail de l’histoire disons qu’il doit mobiliser les bébés pour combattre les chiots déclarés ennemis irréductibles. Ces derniers ont le tort de monopoliser l’amour de la famille. Une histoire de concurrence et de positionnement.

Dirigeant : être très attentif la force des symboles. Ces concentrés de sens, ces représentations qui en disent plus que de très long discours ou que des Plans stratégiques sur 5 ans savamment conçus. Une décision anodine venant heurter des rituels installés, un comportement déplacé au regard de la culture de l’entreprise, une posture énigmatique, un geste furtif ou un mot anachronique ne s’inscrivant pas dans le lexique de l’organisation peut dégrader rapidement une réputation aussi belle soit elle, en tout cas provoquer la suspicion. Patrons, soignez votre savoir-être et votre savoir-dire, ils seront précieux si votre savoir-faire ne permet pas de délivrer tout de suite des résultats significatifs. Le détail peut être plus important que le tout. Sachez-le, vous êtes observés voire même épiés. Tout sera interprété, c’est ainsi !

4)   « Baby boss » estime qu’un mémo peut changer le monde. Emettant régulièrement des signes d’impatience, il est colérique et fait preuve d’arrogance et de mépris.

Dirigeant : la magie de la communication voilà une croyance profondément ancrée dans l’esprit des dirigeants d’entreprise. Il ne suffit pas de « dire » pour que les choses se fassent. Dommage ! Faire passer des messages comme l’on fait passer des plats n’est pas une fin en soi. Faire réfléchir, dialoguer, valoriser et considérer la parole de l’autre, en l’occurrence celle des collaborateurs, permet d’ouvrir la route vers la coopération et l’engagement de plus en plus nécessaire dans des économies où le capital immatériel, basé sur les échanges entre individus, supplante le capital matériel. Sinon ? Sinon, le verdict est sans appel : 80% des salariés français se disent désengagés (études Deloitte et Gallup). Près de la moitié ne croit pas aux discours de leur propre entreprise (étude Occurrence-Makhéia). S’en suit une perte de productivité, une défiance généralisée et une performance réduite. Alors, jouez la carte de la communication, prenez le risque de la rencontre avec l’autre. C’est plus long, plus périlleux mais plus payant !

5)   « Baby boss » a la manie du secret, n’hésite pas à critiquer son équipe et menace : « tu la fermes, sinon ça va dégraisser ! ».

Dirigeant : rares sont les patrons à avoir un langage aussi direct et à faire preuve, à la manière de Donald Trump, d’une fuck attitude. Quoi que ! Une chose est sûre, ils doivent provoquer des résonnances émotionnelles auprès de leurs subordonnés. C’est là une qualité majeure des grands leaders. Pas ceux qui imposent, il s’agit là des « chefs », mais ceux qui exposent, entraînent et inspirent. Les chefs vont répondre au « comment ?» alors que les leaders exprimeront le « pourquoi ?» des choses. Pour les dirigeants, il s’agirait de cesser de penser que la communication, « c’est faire croire » mais que « c’est faire sens pour faire agir ». Sans une relation de confiance, c’est impossible, sauf à entrer dans un jeu de dupes !

Et à la fin du film, « Baby boss » … non, non, non, il ne s’agit pas de dévoiler la chute de l’histoire. Peut-être que le premier pas vers une communication efficace et bienveillante serait, pour les dirigeants, de se mêler aux jeunes générations, de se détendre, de desserrer leur cravate, de retrouver une âme d’enfant pour rejoindre une salle obscure et se laisser porter par des images, des dialogues et des musiques qui, nous dit-on, sont conçus pour les moins de 12 ans. Un peu d’audace. Allez prendre votre ticket d’entrée et n’oubliez pas le cornet de popcorns !

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